La journée des dupes 

Journée de grande tension au Liban hier. Le matin, nous apprenons que Netanyahou et son ministre de la Défense ont donné le feu vert à Tsahal pour attaquer la banlieue sud de Beyrouth. Aussitôt un vent de panique souffle sur Dahieh : les habitants quittent précipitamment leurs foyers et des cortèges se forment pour fuir le secteur, bloquant toutes les voies environnantes. Les heures passent et jusqu’en fin d’après-midi, nous guettons avec angoisse les premières frappes.

En soirée, Trump annonce via Truth Social qu’un accord de cessez-le-feu a été conclu entre les belligérants : Tel-Aviv s’engage à épargner Dahieh et, en contrepartie, le Hezbollah s’abstient de tout tir sur le nord d’Israël. Un cessez-le-feu partiel, donc, qui laisse le champ libre à l’État hébreu dans le sud et l’est du pays.

Les Libanais sont déstabilisés par cette série de menaces, volte-face, fausses joies et accords minés. Ils ont l’impression que les Américains naviguent à vue et que les Israéliens, en imposant des conditions draconiennes (désarmer le Hezbollah sous le feu), cachent des intentions occultes. Beaucoup ont désespéré de toute solution prochaine ; d’autres, optimistes invétérés, continuent de miser sur la capacité des États-Unis à régler durablement le conflit israélo-libanais.

En attendant, le Liban vit comme il a toujours vécu, dans la peur et l’incertitude. (2/6/26)