Apprentissage

 

Le dosage des langues

L’apprentissage bilingue est une affaire de dosage. Depuis les premiers mois de Riwan, sa mère et moi avons pris la décision de nous répartir les langues de sorte qu’il soit exposé également à l’arabe dialectal et au français. Il était important pour nous de lui transmettre les deux langues sans favoriser l’une ou l’autre. Comme j’enseigne la langue de Molière, c’est à moi qu’est échue naturellement la tâche d’initier le garçon au français, à charge pour sa maman de lui apprendre le libanais, assistée en cela par la grand-mère du petit, qu’il voit plusieurs fois par semaine. Le partage s’est avéré efficace dans l’ensemble, mais depuis quelque temps, le français est en train de prendre le dessus sur l’arabe. Riwan s’exprime plus spontanément en français et répond même en français à des personnes qui l’interpellent en arabe. Plusieurs raisons à ce déséquilibre linguistique : la garderie de Riwan privilégie le français, il voit davantage de vidéos francophones (Petit ours brun, Trotro, Caillou, T’Choupi, Didou) et, surtout, son père est plus volubile que sa mère et sa grand-mère réunies…

Pour rééquilibrer la pratique des langues, les rôles ont donc été permutés. C’est désormais au père de parler l'arabe avec le petit, laissant à Nayla et à la mamie le soin de pratiquer la langue française. Un nouveau bilan sera effectué dans quelques mois. 

Quant à l’anglais, aucune crainte : Riwan n’aura pas besoin de l’apprendre. L’anglais viendra à lui de lui-même, prenant sa place et ses aises, occupant son esprit et sa langue. L’anglais ne s’apprend pas ; il s'attrape. Il est partout, dans l’air, au détour de chaque rue, dans les moindres recoins d’Internet. Riwan acquerra l’anglais sans peine, même s’il lui faudra mettre du sien pour passer du global English, facile et rudimentaire, à l’anglais de Shakespeare, autrement plus difficile. (5/1/21)

 

Poches

Comme tous les enfants de son âge, Riwan aime transporter des objets d’un endroit à l’autre. Quand il a reçu son premier vélo, il y attachait une corbeille plate en osier pour y déposer ses menus trésors et les promener dans la maison.

Hier, il a découvert un nouveau plaisir en lien avec cette passion du transport : mettre des choses dans sa poche. Jusque-là, quand ses vêtements étaient dotés de poches, il n’y prêtait guère attention et n'en faisait jamais usage. Or hier, pendant notre vadrouille quotidienne, il m’a réclamé un mouchoir. Je lui en ai donné deux en lui proposant de ranger le deuxième dans sa poche pour plus tard. J’ai tout de suite compris à son regard qu’un déclic venait de se produire. Il a empoché le mouchoir supplémentaire et s’est mis à s’arrêter tous les quelques mètres pour le ressortir, feindre de l’utiliser et l’enfoncer de nouveau dans son short avec des airs affairés et sérieux qui dissimulaient mal son enthousiasme. Le manège a duré ainsi jusqu’à la maison. Et ce matin, en enfilant son nouveau short, il s’est assuré qu’il était muni d’une poche.

Encore un palier de franchi, un jalon de plus séparant l’avant de l’après, une étape dérisoire en apparence pour les adultes oublieux que nous sommes, mais vécue avec émotion et intensité par le principal concerné. (4/5/20)

 

De la chose à son image

Il n’est pas fréquent que mon urbain de petit garçon ait le loisir de contempler longuement le soleil. Hier, tandis qu’un véhicule le transportait chez ses grands-parents à la montagne, il a suivi minute par minute la trajectoire déclinante de l’astre du jour qui entamait sa dernière ligne droite vers la mer. Le silence inhabituel de Riwan trahissait une songerie profonde dont l’un des fruits a fini par surgir sur ses lèvres : il n’a pas de rayons, le soleil !

Il venait de constater le décalage entre la représentation usuelle du soleil, en particulier dans les livres d’enfants qui le figurent hérissé de pointes, et sa réalité visible à l’heure du coucher : un disque aussi ras qu’une tête chauve ! Il en était passablement indigné, comme si on l’avait trompé sur la marchandise.

Entre la chose et son imagerie, Riwan saura désormais que la part de la culture peut être prépondérante au point de porter atteinte à la nature même de l’objet qu’on représente. (28/8/21)

 

Apocope

Riwan est très friand d’apocopes ces temps-ci. Non pas des apocopes communes (vélo, auto, frigo, moto…), mais des apocopes de son cru, comme lorsque qu’il me demande d’éteindre le ventilat’ ou qu’il me révèle avoir vu un hélicop’ de sa fenêtre.

D’où vient cette inclination ? Le plaisir de jouer avec les mots, de les monter et démonter comme des pièces de lego, y est sans doute pour quelque chose. Peut-être s’y ajoute la volonté de reproduire un phénomène amusant dont il aurait pris conscience grâce à des mots familiers comme foot, qu’il connaît sous sa forme complète de football. À moins qu’il ne calque sur les mots communs les diminutifs hypocoristiques propres aux prénoms (Mike pour Mikhaël, Sam pour Samuel..).

Quoi qu’il en soit, il en tire un plaisir évident qui annonce probablement d’autres plaisirs linguistiques du même ordre. (1/10/21)

 

Langues et genres

Depuis quelque temps, quand Riwan parle arabe, il force la voix et prend un ton viril, voire martial. Manifestement, il perçoit l’arabe comme une langue masculine, bien que dans son entourage immédiat, la pratique de l’arabe ne soit l’apanage d’aucun sexe en particulier. Est-ce parce que dans la rue, il rencontre principalement des hommes parlant arabe, et le parlant fort, avec une mâlitude bien orientale, alors que les voix féminines sont beaucoup moins audibles ? Peut-être. L’école n’y est sans doute pas pour rien non plus. Riwan imite probablement un ou des camarades dont l’élocution en arabe le séduirait par sa vigueur masculine.

Riwan me rappelle que les langues sont souvent associées à des genres, des genres variables d’une personne à l’autre et susceptibles d’évoluer dans le parcours des individus. Les noms des langues sont toujours masculins (le français, le portugais, le mandarin…). Ils devraient être à double genre en réalité. (6/10/21)

 

Mimétisme

Il y a une poignée de semaines, quand Riwan me retrouvait après une séparation de quelques heures, il semblait toujours heureux de me revoir, mais il ne se sentait pas obligé d’exprimer sa joie autrement que par un sourire accompagné d’un regard complice.

Depuis sa rentrée scolaire en revanche, à force d’assister à des retrouvailles d’enfants avec leurs parents en fin de journée, les choses ont changé : Riwan imite dorénavant ses camarades et, chaque fois que je vais le chercher à l’école, j’ai droit à des effusions ponctuées d’un sprint dans ma direction et, terme inédit à mes oreilles, d’un « pâpi » bien sonore. Sa joie n’est pas plus grande qu’auparavant, mais désormais, il éprouve le besoin mimétique de théâtraliser nos retrouvailles. (26/10/21) 

 

Friandises visuelles

Riwan a découvert hier la médiathèque publique d’Assabil dans le quartier jésuite. La partie réservée à la littérature jeunesse est accueillante et joliment aménagée. Elle est dotée d’un coin lecture qui a d’emblée attiré notre garçon avec ses poufs en forme d’animaux. Il ne s’est pas fait prier pour s’y vautrer, muni d’un premier livre sur les véhicules ramassé au passage : le volume a tenu dix secondes entre ses mains ! Il faut dire que les livres étaient plus alléchants les uns que les autres ; ils lui tendaient les bras depuis leurs rayons multicolores, et lui n’avait pas la force de résister à leur appel. Inutile de le raisonner en l’invitant à feuilleter un volume jusqu’au bout avant de passer à un autre : il était surexcité, ébloui par tant de friandises visuelles, incapable de voir une couverture sans lui bondir dessus, pour abandonner l’ouvrage aussitôt.

Pendant la demi-heure passée sur place, il a dû ouvrir une trentaine de livres en arabe, en français et en anglais, tandis que ses parents, étourdis par sa versatilité, s’efforçaient de mémoriser la place de chaque opus pour ne pas chambouler le classement. (5/11/21) 

 

Passé simple

Il arrive de plus en plus que Riwan emploie le passé simple pour nous relater un événement (réel ou imaginaire), déclarant par exemple que « les enfants commencèrent à jouer » ou que « le loup dévora les chevreaux ».

Le passé simple est le temps des contes et des histoires que nous lui lisons, et cela a suffi pour qu’il imprègne son langage. Un jour, prochain sans doute, il abandonnera ce temps en percevant l’incongruité de son emploi dans la communication orale. (14/11/21)

 

Envol

Riwan ingurgite un cube de noix de coco et déclare d’un air savant : c’est particulier ! Je me demande où il a déniché ce mot, sans parvenir à en déterminer l’origine avec certitude. 

C’est cela aussi, accompagner un enfant dans sa croissance : perdre peu à peu la possibilité de remonter à la source des mots qu’il emploie. L’enfant prend son envol lexical, après d’autres envols, et avant plein d’autres encore. (19/11/21)

 

Confidences

À la sortie de l’école, Riwan répond de façon laconique à nos questions sur sa journée et ce qu’il a fait en classe. Il est rarement en veine de confidences à ce moment-là. Dans les heures qui suivent et le lendemain en revanche, de lui-même, il nous raconte tel incident qui a eu lieu dans la cour, ou telle activité qu’il a faite avec ses maîtresses. Ce matin par exemple, au petit déjeuner, il nous a raconté que ses camarades K., A. et G. se sont moqués de lui parce qu’il a écrit la lettre B avec des boucles trop petites. Il semblait indigné par les railleries de ses copains, et je me suis demandé alors si la relation tardive de l’incident était due au hasard, ou si Riwan n’avait pas souhaité en parler plus tôt, soit dans une tentative de refouler cette source de désagrément, soit parce qu’il avait besoin d’un peu de temps pour amortir le choc.

Il faudra sans doute des années avant que Riwan n’acquière le réflexe de résumer sa journée comme le font les adultes quand ils se retrouvent le soir après le travail. Pour l’instant, il dit les choses comme elles viennent, de façon éparse, selon le cheminement de ses pensées, de ses émotions et de ses humeurs. (1/2/22)

 

Arabe littéral

Riwan a retenu une phrase d’un conte en arabe étudié en classe : la ouridou an azhaba ila ‘lmadrassati (je ne veux pas aller à l’école). Cela me fait étrange de l’entendre prononcer des mots en arabe classique, lui qui pratique d’ordinaire le dialecte arabe libanais. Et la différence n’est pas bénigne entre les deux. L’équivalent de la ouridou an azhaba ila ‘lmadrassati en libanais est ma béddé rouh aal madrassé. Le terme de négation, les verbes, les prépositions, tout diverge. Seul le mot madrassa est maintenu, non sans modification.

Trilingues, les enfants libanais ? Il faudrait plutôt dire quadrilingues, même si leur langue maternelle n’est pas encore reconnue comme une langue à part entière. (11/2/22)

 

Chiffres

Nous assistons depuis quelque temps à la naissance d’une histoire d’amour qui promet d’être longue et passionnée : celle de Riwan avec les chiffres. Du haut de ses quatre ans, il adore compter et ne s’en prive pas, posant son index sur des séries d’objets pour les dénombrer, s’arrêtant devant les plaques d’immatriculation pour décliner les numéros, comptant en arabe, en français et en anglais avec un plaisir évident, presque sensuel. Quand il va à la bibliothèque, il est attiré par les livres où il est question de nombres. Ses questions sont incessantes : combien font 20 + 20 + 20 + 20 + 20 ? Combien font 9 8 7 3 4 0 ? Quel est le chiffre qui vient juste avant mille ? Tu as quel âge ? Pourquoi il y a écrit 200 sur cette boîte ? etc. Les chiffres lui ouvrent des perspectives inédites, lui révélant une nouvelle dimension de l’existence dont il entrevoit les ramifications et les richesses. (3/3/22)

 

Exclusion

Depuis quelque temps, quand il se rend à l’aire de jeu des Franciscaines, Riwan tourne autour de deux enfants français un peu plus âgés que lui, avec qui il aimerait jouer. Mais eux ne l’entendent pas de cette oreille. Entretenant des liens fusionnels entre eux, ils s’amusent et discutent sans lui prêter attention. Ils ne le repoussent pas, ils ne lui demandent pas de s’en aller. Non. C’est pire : ils l’ignorent, comme s’il n’existait pas, avec une indifférence totale. Innocente cruauté des enfants.

Riwan a fini par se lasser. Aujourd’hui, pour la première fois, il n’est pas allé vers le duo. Il s’est occupé autrement, avec les moyens du bord. Il vient de faire le dur apprentissage de l’exclusion. (13/5/22)

 

Les genres selon Riwan

Prenant un air docte, Riwan me livre du haut de ses quatre ans et demi le fruit de ses observations sociologiques sur les sexes et les genres : les garçons aiment les superhéros et tout ce qui fait peur, alors que les filles aiment les princesses et tout ce qui est joli.

Je fais remarquer à Riwan que ces généralités méritent d’être nuancées : d’un côté il y a des garçons qui aiment les princesses et ce qui est joli, de l’autre certaines filles aiment les superhéros et ce qui fait peur. Sans compter qu’il y a des garçons et des filles qui aiment tout cela en même temps, ou qui n’aiment rien de tout cela.

Riwan m’écoute attentivement, avant de me lancer : oui Papa, mais je pense que c’est très rare ! (5/8/22)

 

Horloge parlante

Ayant reçu en cadeau une montre digitale à l’effigie de Spiderman, Riwan s’est aperçu qu’il lui était beaucoup plus facile de lire l’heure avec des chiffres qu’avec des aiguilles. Sa montre au cadran classique lui permettait de lire l’heure, mais au prix d’un effort de concentration ; plus rien de tel avec sa nouvelle montre : il n’a qu’à lire les chiffres et le tour est joué.

Grisé par son nouveau pouvoir, Riwan a passé le week-end à nous annoncer l’heure toutes les quelques minutes : il est 9 h 33, il est 9 h 39, il est 9 h 44…

Spiderman a transformé notre fils en horloge parlante. (3/10/22)

 

Sonorités et résonances

Il y a deux semaines, Riwan a apporté de la « marmothèque » un livre intitulé Maxime Loupiot qu’il nous a demandé de lui lire, ce que nous avons fait quatre ou cinq fois au cours des jours suivants.

Ce matin, Riwan a inversé les rôles. Il nous a proposé de nous lire lui-même l’histoire de ce petit loup qui veut devenir fleuriste au grand dam de son père. Je pensais naïvement qu’il allait nous raconter l’histoire avec ses propres mots. Quelle n’a été ma stupéfaction en m’apercevant que Riwan avait retenu par cœur de larges pans du texte, nous les récitant avec une facilité étonnante : « Il grondait, les pattes sur les hanches et la queue agitée de tremblements : Nous sommes chasseurs de père en fils depuis cinquante générations ! Tu dois suivre la tradition familiale ! etc… etc… etc… ».

En plus de la prodigieuse mémoire des enfants, cette performance de Riwan prouve que les petits sont autant sensibles à la forme et à la musicalité des mots qu’aux histoires qu’ils véhiculent. Elle nous rappelle en cela que les mots ne sont pas seulement des vecteurs de sens : ils constituent eux-mêmes des générateurs de sens par leurs sonorités et les résonances qu’ils provoquent en nous. (22/10/22)

 

Éclipse

Hier en début d’après-midi, Riwan sort de l’école avec la main en visière, le front bas, les épaules rentrées. Au bout de quelques dizaines de mètres, je lui demande ce qui lui arrive, s’il a mal à la tête.

- Non, c’est pour l’éclipse du soleil, je me protège les yeux.

Rien à dire : les enseignantes ont bien fait leur travail de prévention ! Un peu trop peut-être… (26/10/22)

 

Doudou

Riwan est attaché à son doudou qui l’accompagne depuis ses premiers mois. Pas question d’aller au lit sans son fidèle compagnon. L’ennui, c’est qu’il arrive au doudou de s’égarer sous la couette et il n’est pas rare que Riwan nous réveille en pleine nuit pour retrouver le petit hérisson jaune.

J’ai cru avoir trouvé la solution en plaçant au chevet de Riwan un doudou de réserve, en tous points identique au premier. J’ai expliqué à Riwan que s’il perdait son compagnon pendant la nuit, il n’aurait qu’à prendre l’autre hérisson jaune. Il épargnerait ainsi à ses parents réveils intempestifs et longues insomnies. Riwan a acquiescé, apparemment convaincu.

Quelques nuits plus tard, il nous réveille tout de même à trois heures du matin en se plaignant d’avoir perdu sa peluche. Je lui rappelle notre accord, lui retrouve son hérisson jaune en lui faisant promettre de prendre le doudou de réserve la prochaine fois. La nuit suivante, le cri de Riwan perce la nuit pour nous annoncer fièrement qu’il a perdu sa peluche mais qu’il l’a remplacée par l’autre. Vous pouvez continuer à dormir ! tonne-t-il.

Une demi-heure plus tard, alors que j’étais sur le point de me rendormir, j’entends Riwan hurler triomphalement qu’il a retrouvé son premier doudou ! (25/12/22)

 

Séisme

La terre a tremblé cette nuit. Grosse frayeur pour Riwan qui s’est réveillé en sursaut, tandis que l’immeuble tanguait sur ses fondations et que des objets se fracassaient dans l'appartement. Nous l’avons rassuré de notre mieux, mais pour apaiser sa peur, il avait besoin de comprendre. Nous avons donc tenté de répondre à toutes ses questions, posées d’une voix chevrotante : pourquoi la terre tremble ? Est-ce qu’elle va trembler de nouveau ? Est-ce qu’elle tremble souvent ? Quand elle tremble au Liban, elle tremble aussi en Australie ? Est-ce qu’il y a des pays où elle ne tremble jamais ?...

Nous avons ainsi partagé nos petites connaissances sismiques à trois heures et demie du matin, alors que dans le même temps, une tempête furieuse se déchaînait sur la ville. Riwan a fini par se rendormir. Ce qui ne l’a pas empêché ce matin de reprendre ses questions là où il les avait laissées trois heures plus tôt, avec la même curiosité, la même inquiétude, le même besoin d'apprivoiser l'inconnu. (6/2/23)

 

Bon débarras

Six heures du matin : Riwan sort discrètement de sa chambre, sans passer me voir, ce qui n’est pas conforme à ses habitudes. Pendant la demi-heure qui suit, il ne se signale par aucun mouvement ni aucun bruit, ce qui ne manque pas de me surprendre. Il finit par se manifester, tout sourire, pour m’annoncer qu’il a effectué le travail du jour (additions, soustractions, écriture en français de la date et d’un mot en lettres cursives, écriture en arabe de plusieurs mots, de son nom et des chiffres de un à douze).

- Voilà ! s’exclame-t-il. Je suis tranquille pour la journée ! (16/8/23)