Mona Khalil

À 76 ans, Mona Khalil aimait passionnément la nature de son pays. Elle militait dans des associations vouées à la protection de l’environnement et de la vie sauvage, parmi lesquelles sa propre fondation de « Orange House ». On la voyait sillonner le littoral du Liban-Sud pour s’assurer que rien ne menace la reproduction et la survie des tortues marines. Une grande partie de sa vie, elle l’aura consacrée à la préservation de la biodiversité, mais aussi au service de la communauté locale dans les régions d’Al-Qleileh et Mansouri.

Mona Khalil ne faisait pas de politique. Elle n’émargeait à aucun parti. Elle est morte, pourtant, sous le feu des frappes israéliennes, comme des milliers de civils libanais. Sa maison familiale de Mansouri, dans le caza de Tyr, a été dévastée par une bombe le 4 juin dernier. Une maison sans miliciens, sans armes, sans infrastructure militaire. Après deux semaines d’hospitalisation, elle a succombé à ses blessures.

Le « narratif » israélien tente de faire croire que Tsahal cible exclusivement le Hezbollah ; Mona Khalil rappelle que la réalité est tout autre. Israël a fait au Liban ce qu’il a fait à Gaza : sacrifier des dizaines de milliers de civils et ravager des centaines de villages pour atteindre ses ennemis.

Le combat de Mona Khalil, d’autres le poursuivront après elle. C’est le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre. Et la meilleure résistance qu’on puisse opposer aux puissances de la mort. (19/6/26)