Football et genres

Grande effervescence chez Riwan et ses camarades : le Mondial a commencé et ils ont tous leurs nations favorites, leurs joueurs préférés, leurs têtes de Turc. Les cartes Panini circulent de main en main : on négocie, on échange, on cherche le Graal pour compléter une page de son cahier, on exerce des pressions sur les parents pour obtenir des pochettes supplémentaires. La FIFA s’est encore dépassée cette année : jamais la machine à cash n’a aussi bien fonctionné, depuis le prix faramineux des places dans les stades jusqu’aux droits de transmission, en passant par les innombrables produits dérivés, dont, justement, les « stickers » Panini, première monnaie d’échange dans les cours.

Aujourd’hui, en retrouvant Riwan à l’école, je l’ai surpris en train de montrer ses cartes à une fille plus âgée. Tiens, une fille ! La chose est suffisamment rare pour être notée. Quand il a terminé son « trade » (mot en usage), j’ai demandé à Riwan quelle équipe recherchait la fille.

- Aucune ! me confie-t-il avec le plus grand sérieux. Elle se fout complètement du foot : elle cherche seulement les plus beaux gosses parmi les joueurs ! (12/6/26)