Dés pipés
Ce qu’on redoutait depuis quelques jours
est désormais une réalité : Netanyahou et son ministre de la Défense ont
donné le feu vert à Tsahal pour attaquer la banlieue sud de Beyrouth. Aussitôt des
cortèges se sont formés pour fuir Dahieh, bloquant toutes les voies
environnantes. Nous attendons avec angoisse les premières frappes.
Le réveil est dur pour ceux qui ont misé
sur les négociations de Washington, alors que les dés étaient pipés dès le
départ. Que pouvait-on espérer d’un face-à-face avec les représentants de
Netanyahou qui n’a pas cessé un instant de violer le cessez-le-feu, et ce depuis
la première trêve du 27 novembre 2024 ? Quel crédit accorder à Washington
quand les États-Unis sont des alliés indéfectibles d’Israël et entendent
utiliser la carte du Liban pour faire pression sur Téhéran ?
Ce n’est pas en bombardant le Liban qu’on
désarmera le Hezbollah. C’est, au contraire, en faisant taire les armes des
deux côtés et en s’engageant dans des discussions constructives. On en est bien
loin.
« Les gens qui sont déçus méritent toujours de l’être », écrivait Montherlant dans Fils de personne. (1/6/26)