Liberté de la presse

Trois journalistes libanais circulant dans le caza de Jezzine ont été pris pour cible par une frappe aérienne. Selon l’armée israélienne, l’un d’eux, Ali Choueib, était un membre du Hezbollah. À supposer que Choueib ait constitué une menace réelle pour l’État hébreu, ce qui est loin d’être avéré, qu’en est-il des deux autres : Fatima Ftouni, reporter, et son frère caméraman Mohammed ? Tsahal ne dit mot de Fatima et Mohammed, ce qui laisse supposer qu’ils étaient de simples journalistes dont le seul crime était d’appartenir à un média propalestinien incarnant la résistance à Israël et aux États-Unis.

Ce n’est pas la première fois que Tsahal assassine des journalistes libanais sans donner la moindre preuve de leur implication dans les combats, ni même se sentir obligé de justifier leur « élimination » : ce fut le cas de Issam Abdallah, reporter à l’agence Reuters, tué le 13 octobre 2023 ; de Farah Omar et Rabih el-Maamari, abattus le 21 novembre 2023 ; de Ghassan Najjar, Mohammad Reda et Wissam Qassem, ciblés délibérément par deux missiles le 25 octobre 2024…

Netanyahou aime à présenter son pays comme un bastion de la liberté face à des nations barbares tentées par le totalitarisme et l’obscurantisme. On en déduit que pour lui, comme pour les radicaux qui l’entourent, la seule liberté légitime est de relayer le discours officiel israélien : critiquer la politique de Tel Aviv et de Washington constitue une liberté intolérable passible de peine de mort. (29/3/26)