L’obstination dans le pire

Durant la Guerre des 66 jours, au cours de l’automne 2024, on voyait quelques tentes éparses sur les trottoirs de l’avenue Omar Beyhum qui sépare l’hippodrome du parc des Pins. À présent, il n’y a plus un centimètre carré entre le rond-point Tayyouneh et Barbir qui ne soit occupé par des campements de fortune : deux kilomètres de tentes, de bâches, de chaises en plastique et de matelas empilés. Comme pour protéger l’intimité des réfugiés, une double file de voitures borde la voie, des véhicules souvent vieux et cabossés qui leur ont permis de fuir Dahieh ou le Sud.

Qu’attendent ces familles ? Quelle délivrance espérer alors que Netanyahou et le Hezbollah jouent leur va-tout dans une guerre absurde qui aurait pu être évitée si la raison et le droit avaient prévalu sur l’hubris et la tyrannie ? On imagine les difficultés de leur quotidien : la pluie qui s’infiltre, le vent qui s’engouffre, l’hygiène précaire. Les plus âgés en sont à leur septième ou huitième exode. 

Lattente sera longue pour eux, et pour tous ceux qui souffrent, aujourd’hui, à cause de cette guerre, à moins d’un sursaut de conscience qui pousserait les décideurs, non pas à mesurer les conséquences humaines de leur obstination (ce serait naïf d’y croire), mais à se rendre compte que ce conflit est une impasse sur tous les plans. (28/3/26)