Jusqu’au-boutisme

Nouvelle nuit de feu au Liban. Le Hezbollah a lancé des rafales de missiles vers Israël, qui a intensifié ses raids sur plusieurs régions du pays, fauchant des dizaines de vies. La banlieue sud a été particulièrement ciblée, mais aussi Beyrouth et le quartier de Ramlet el-Bayda où une frappe près d’un campement de réfugiés a fait huit victimes.

J’entends partout que nous sommes revenus quinze mois en arrière, à l’automne 2024, quand le Hezbollah et Israël se sont affrontés pendant soixante-six jours avant de signer une « trêve ». C’est inexact : à l’époque, nous avions bon espoir que le cessez-le-feu mettrait fin aux hostilités. Or au lendemain de la supposée trêve, Israël a poursuivi ses attaques contre le Liban comme si de rien n’était, alors que le Hezbollah s’abstenait de tout tir en direction de l’État hébreu.     

La situation est bien pire aujourd’hui. Les belligérants sont hors de contrôle et ferment conjointement la porte au dialogue. Tel Aviv exige le désarmement du Hezbollah avant toute discussion de paix, tandis que ce dernier exige le retrait de Tsahal et l’arrêt des agressions avant toute perspective de démilitarisation. C’est à qui va tenir le plus longtemps dans ce bras de fer : Israël jouit de ressources financières et militaires colossales, en plus d’être soutenu par la plus grande puissance de la planète. Quant au Hezbollah, il a pour lui la connaissance du terrain et la détermination dans un combat de la dernière chance où se mêlent patriotisme et mysticisme.

Comme toujours, la principale victime de la guerre est la population civile, massacrée, déplacée, ruinée, humiliée. Les enfants paient un tribut terriblement lourd : plus de quatre-vingt-dix ont été tués depuis le 2 mars et deux cent mille ont dû fuir leur foyer sous la menace des bombes. (12/3/26)