Epic Fury
Comment en est-on arrivé là, par quel
mécanisme diabolique le Proche et le Moyen-Orient sont-ils devenus le théâtre d’une
« furie épique » qui risque de déboucher sur une Troisième Guerre
mondiale ?
L’axe américano-israélien accuse l’Iran et le Hezbollah d’avoir provoqué le conflit. Les faits sont là pourtant : les États-Unis ont eux-mêmes attaqué l’Iran et l’armée israélienne, pendant quinze mois, n’a cessé de bombarder le Hezbollah, alors que ce dernier s’abstenait de toute riposte. Il s’agit d'une guerre préventive, arguent Washington et Tel Aviv. Or la « guerre préventive » est une notion aberrante qui pourrait, si elle devait être appliquée par tous les pays ayant des litiges avec leurs voisins, mettre la planète entière à feu et à sang.
Ce qui nous a conduits à ce désastre, ce sont aussi, et surtout, les intérêts des marchands d’armes. Car ce sont eux qui tirent le plus grand bénéfice de la guerre. Non seulement en raison des dépenses colossales en armement (les États-Unis ont déjà dilapidé 11,3 milliards de dollars dans leur opération Epic Fury), mais à cause du climat de peur que le conflit diffuse, poussant de nombreux pays à gonfler leur budget militaire, ce qui est le cas, entre autres, des pays du Golfe.
Voilà l’état de notre triste terre, livrée à un président américain dénué de morale et de vision stratégique, qui confond relations internationales et business deals, et à un Premier ministre israélien prêt à massacrer des dizaines de milliers d’innocents et à transformer la région en terre brûlée pour atteindre ses objectifs. Trump et Netanyahou répandent la ruine et la mort tout en se drapant dans les oripeaux de la vertu. Ce qu’ils font, prétendent-ils, c’est pour libérer le peuple iranien, pour la sécurité du peuple israélien, pour la paix, pour le bien de l’humanité. Autant de prétextes qui dissimulent mal des calculs personnels et des projets expansionnistes. La photo de Donald Trump dans le bureau ovale, entouré d’évangélistes priant pour lui, le touchant pour lui transmettre la force de leur foi, restera dans les annales comme une scène de propagande digne des pires autocraties. (13/3/26)