Mascarade

Netanyahou dénonce les tirs du Hezbollah sur ses troupes et sur le nord d’Israël. Lui ne se sent pas concerné par le cessez-le-feu. Le feu, il peut l'ouvrir à volonté : l’accord du 16 avril l’y autorise selon lui, puisqu’il donne à Tsahal le droit de poursuivre ses offensives militaires chaque fois qu’il détecte un mouvement de troupes, un transfert d’armes, des opérations logistiques, des aménagements d’infrastructures… autant dire tout le temps. En somme, il s’agit pour Netanyahou d’un cessez-le-feu unilatéral, qui contraint le Hezbollah et laisse les mains libres à Israël.

Le cabinet de guerre israélien a miné l’accord avec des dérogations qui lui donnent carte blanche pour continuer ses frappes, exécutions et destructions massives de villages libanais. Qu’il ne s’attende pas en retour à ce que le Hezbollah reste de marbre comme il l’a été pendant quinze mois avant le 2 mars, où il a, sans coup férir, vu abattre sous ses yeux des centaines de ses membres. 

Les Libanais espèrent autre chose que cette mascarade d’accords piégés et d’invitations à Washington pour serrer des mains devant des caméras. Ils aspirent à une trêve solide et équitable qui permette, à terme, de libérer le territoire, de faire cesser totalement et définitivement toute violation de la souveraineté libanaise et d’obtenir, par un consensus intérieur, le désarmement du Hezbollah.

Ce n’est pas avec de la ruse et de la tyrannie qu’on fait la paix. C’est avec la justice, la raison et la bonne volonté. (27/4/26)