Trêve unilatérale

Après avoir abondamment bombardé le Liban de phosphore blanc en 2023 et 2024, Israël vient de saturer d’herbicides des champs et des vergers qui bordent la frontière. L’État hébreu se justifie en parlant de mesure de routine destinée à éradiquer la végétation dense qui pourrait servir de couverture à des infiltrations armées. Or les analyses des échantillons prélevés révèlent des concentrations de glyphosate vingt à trente fois supérieures aux normes, ce qui manifeste une volonté évidente de polluer le sol et les nappes phréatiques. Condamnant les épandages israéliens, la Finul pointe les risques sanitaires pour ses troupes et la population locale.

Cet empoisonnement méthodique de la terre confirme la stratégie israélienne : empêcher tout retour des habitants dans les villages frontaliers. Un crime environnemental qui s’ajoute aux dix mille violations du cessez-le-feu commises par Israël depuis le 27 novembre 2024 : frappes aériennes, survols d’avions de chasse et de drones, tirs d’artillerie, incursions de patrouilles, enlèvements de civils, maintiens de positions militaires en territoire libanais. En quatorze mois de "trêve", les attaques israéliennes ont tué 331 personnes, dont 13 enfants, sans compter près de mille blessés.

Le gouvernement israélien ne veut pas la paix. Il affiche le même mépris envers le droit international et les peuples de la région. Son unique obsession est d'imposer sa volonté par la force, avec la bénédiction et le soutien des États-Unis. (7/2/26)