Le dernier jour

Les terminales du Grand Lycée Franco-Libanais ont fêté à leur façon leur dernier jour d’école : un groupe d’élèves cagoulés a dûment saccagé une salle et démoli plusieurs portes au passage. Un autre – ou était-ce le même ? – a forcé l’entrée d’une classe de troisième où des collégiens planchaient sur un examen, avant d’y lancer un fumigène, provoquant la terreur parmi eux. 

Pourquoi ce déchaînement soudain ? Réaction explosive à la violence symbolique d’un système scolaire, aliénant et coercitif, subi depuis la maternelle ? Rébellion contre l’ordre bourgeois incarné par les maîtres et les parents ? Effet d’entraînement dans un contexte festif ? Contrecoup de la guerre ? Reproduction mimétique de pratiques occidentales ?… Il faudrait connaître les élèves concernés pour le savoir.

Ce phénomène n’est pas rare au Liban, mais cette année, pour le grand malheur du GLFL, les images du ramdam ont fuité et se sont retrouvées sur les réseaux sociaux, dont on connaît le pouvoir amplificateur. L’établissement a dû faire face à une avalanche de critiques parfois mesurées, souvent excessives et malveillantes. Des milliers d’internautes se sont transformés en autant de procureurs prompts à porter des jugements simplistes, sans rien connaître du contexte ni des faits.

En même temps, nous sommes au Liban : dans quelques semaines, l’affaire sera oubliée. (16/5/26)