Amnistie et quotas communautaires

Les commissions parlementaires planchent laborieusement sur une loi d’amnistie qui désengorgerait les prisons et rendrait justice à des milliers de prisonniers oubliés entre les murs de Roumieh et d’ailleurs. Les principaux bénéficiaires de cette loi sont les islamistes impliqués dans des affaires de terrorisme, de complots contre la sûreté de l’État, d’attaques contre l’armée libanaise ou, pour les cas les moins graves, d’appartenance à des cellules extrémistes et de diffusion de propagande jihadiste. Tous n’ont pas du sang sur les mains et certains croupissent en prison depuis de nombreuses années, au titre de la « détention provisoire ».

La communauté sunnite étant la première concernée par la loi, les représentants des partis chrétiens et chiites se sont hâtés d’exiger leur part de l’amnistie, les uns en réclamant le droit au retour pour les Libanais réfugiés en Israël depuis 2000, les autres en plaidant pour la libération des détenus arrêtés pour trafic de stupéfiants dans la Békaa : une logique de quotas communautaires qui a toujours sévi au Liban, en particulier depuis les accords de Taëf, mais qui, en l’occurrence, n’est pas dénuée de légitimité morale.

La loi aurait dû être votée aujourd’hui au Parlement ; elle est ajournée pour plus de concertations. Le système politique libanais, basé sur le donnant-donnant entre les groupes communautaires, a visiblement atteint ses limites. Les députés peinent à trouver la formule magique qui contenterait toutes les parties.  (21/5/26)