Une classe

118 enfants ont été tués depuis le 2 mars, 365 blessés, certains grièvement : brûlés, amputés, parfois seuls survivants de leurs familles décimées. Voilà le prix payé par les enfants du Liban en vingt jours de guerre. Avant ce nouvel épisode meurtrier, 25 enfants avaient été tués par les frappes israéliennes durant la prétendue trêve où Tsahal n’a cessé de bombarder unilatéralement le pays. Et pendant le conflit de l’automne 2024, ce sont plus de 230 enfants qui ont perdu la vie. Des bilans qui ne disent rien, évidemment, des montagnes de souffrances cachées derrière l’alignement froid des chiffres macabres.

Rien ne justifie la mort d’un enfant. Encore moins lorsque des solutions diplomatiques auraient pu aboutir à des résultats plus pérennes. Je suis frappé, en suivant les débats en Israël, de constater que les options envisagées sont toujours les mêmes : occuper le Liban jusqu’au Litani, envahir le pays jusqu’à Beyrouth, pilonner les infrastructures pour faire pression sur le gouvernement (comme si l’armée libanaise avait la capacité de désarmer le Hezbollah), poursuivre les raids pendant des semaines et des mois. Pas une seule voix parmi les radicaux au pouvoir pour proposer des négociations sérieuses sous l’égide des Nations-Unies, de l’Europe et des États-Unis, accompagnées d’une trêve, une vraie celle-là, le temps que des accords soient trouvés pour aboutir au retrait d’Israël et au désarmement du Hezbollah, avec des garanties internationales sur le respect des engagements pris.

Le recours systématique à la force manifeste un aveuglement stratégique, une obsession militariste et la puissance des lobbies des armes. Sans oublier les calculs personnels d’un Premier ministre qui perpétue l’état de guerre pour assurer sa survie politique. On n’obtiendra rien par la force ; la paix est la seule voie possible. En attendant que les décideurs le comprennent, les civils continueront de tomber, y compris des enfants : chaque jour, estime l’UNICEF, c’est « une classe d’enfants » qui est tuée au Liban, massacrée pour rien dans un conflit dont le ratio des victimes est de 500 morts libanais pour un mort israélien. (21/3/26)