Le vin nouveau et les vieilles outres 

Pour financer la revalorisation des salaires dans le secteur public, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que d’augmenter la TVA et la taxe sur l’essence. Ce qu’on donne d’une main, on le soutire de l’autre. Un tour de passe-passe qui n’amuse personne, à commencer par les principaux bénéficiaires : aussitôt l’annonce faite à l’issue du conseil des ministres, des mouvements de protestation se sont déclenchés partout dans le pays.

Le système d’imposition libanais est l’un des plus injustes au monde. Il repose essentiellement sur la taxation des biens de consommation, ce qui affecte indistinctement tous les contribuables, quels que soient leurs revenus. Au lieu d’appliquer un prélèvement progressif et de combattre la fraude fiscale, on surcharge les plus modestes pour mieux épargner les plus riches qui, eux, s'empressent de placer leurs fortunes dans des sociétés offshore.

Ce gouvernement, comme tous les précédents, n’est que le miroir de l’oligarchie corrompue qui dirige le pays. Il en partage les valeurs et les intérêts. Tant qu’il n’aura pas engagé des réformes de fond visant à éradiquer la corruption et à instaurer un État de droit, tout espoir de changement restera vain. (17/2/26)